Le président argentin Javier Milei s'exprime lors d'un forum économique à Madrid, le 21 octobre 2026 ( AFP / Thomas COEX )
Le 30e Sommet ibéro-américain s'ouvre mercredi à Madrid avec en tête d'affiche le président argentin Javier Milei et en invité surprise le président ukrainien Volodymyr Zelensky, venu pour s'entretenir avec le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez et d'autres dirigeants en marge de la rencontre.
Pedro Sánchez, en pleine campagne électorale à moins d'un mois des législatives anticipées convoquées le 29 novembre, recevra jeudi Volodymyr Zelensky, qui ne participe pas officiellement au Sommet, a-t-on précisé au sein des services du chef de gouvernement espagnol.
Et à l'issue du Sommet ibéro-américain, jeudi également, le président ukrainien s'entretiendra aussi "avec plusieurs dirigeants afin d'échanger sur la situation de son pays, ses répercussions mondiales ainsi que sur les principaux défis en matière de paix et de sécurité internationales", a-t-on ajouté de même source.
"Notre priorité absolue consiste à renforcer la défense aérienne de l'Ukraine, protéger notre population, et étendre la coopération et la production en matière de défense", a écrit le président Zelensky sur X.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky à Berlin, le 3 novembre 2026 ( AFP / John MACDOUGALL )
Plus de quatre ans et demi après le début de l'invasion russe, des négociations entre Kiev, Moscou et Washington doivent reprendre les 10 et 11 novembre aux Emirats arabes unis, sous médiation américaine.
Des délégations de l'Ukraine, de l'Allemagne, de la France, du Royaume-Uni, des États-Unis, de l'OTAN et de la Banque mondiale se sont par ailleurs réunies mercredi à Bruxelles pour discuter de la reconstruction de l'Ukraine, des travaux visant "à affiner les scénarios de développement économique et de prospérité de l'Ukraine après la guerre", selon un communiqué de la Commission européenne.
Lula absent
Le Sommet ibéro-américain lui-même rassemblera, outre Javier Milei, féroce critique de son hôte Pedro Sánchez, plusieurs autres dirigeants de droite d'une région largement orientée vers ce courant politique, parmi lesquels le Chilien José Antonio Kast, la Costa-Ricaine Laura Fernández, le Bolivien Rodrigo Paz et le Hondurien Nasry Asfura, mais aussi le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres.
Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres (d), et son épouse, Catarina Vaz Pinto, à leur arrivée pour assister au 30e Sommet ibéro-américain de 2026, le 4 novembre 2026 à Madrid ( AFP / Oscar DEL POZO )
À l'inverse, seront absentes les principales figures de la gauche régionale, le Brésilien Luiz Inácio Lula da Silva, fraîchement réélu, et la Mexicaine Claudia Sheinbaum. La présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez, sera elle aussi absente.
"Face à ceux qui se ferment, nous devons nous ouvrir. Face à ceux qui construisent des murs, nous devons construire des alliances. Et face à ceux qui alimentent la guerre, nous devons être des semeurs de paix", a déclaré Pedro Sánchez lors de la cérémonie d'inauguration.
Toujours prompt à susciter la controverse, Javier Milei, arrivé dans la capitale espagnole dans l'après-midi de mercredi, ne prévoit de participer ni à l'ouverture du sommet ni au dîner qui sera offert ensuite par le roi Felipe VI au Palais royal, selon son agenda officiel.
Il assistera toutefois à la séance plénière de jeudi matin, où il se retrouvera face à face avec Pedro Sánchez, deux semaines après l'avoir qualifié, à Madrid déjà, d'"infréquentable dictateur" et de dirigeant "corrompu", tout en appelant les Espagnols à "mettre les socialistes dehors à coups de pied", à quelques semaines des législatives.
Cette fois encore, aucun entretien bilatéral n'est prévu en marge du sommet, ni avec le chef de l'État ni avec le chef du gouvernement, selon des sources gouvernementales espagnoles.
Javier Milei, qui avait déjà provoqué en 2024 une crise diplomatique avec l'Espagne en qualifiant à Madrid de "corrompue" l'épouse de Sánchez, alors visée par une enquête pour trafic d'influence, a également profité de ses visites pour soutenir l'extrême droite espagnole et la présidente de la région de Madrid, Isabel Díaz Ayuso, figure de la droite conservatrice.
IA et coopération
Les sondages prévoient une victoire de la droite sur les socialistes de Pedro Sánchez le 29 novembre, mais sans majorité absolue. Dans cette configuration, le Parti populaire (droite) aurait donc besoin du soutien de l'extrême droite pour former un gouvernement.
Le président du Chili, José Antonio Kast, et son épouse María Pía Adriasola arrivent pour assister au 30e Sommet ibéro-américain de 2026 à Madrid, le 4 novembre 2026 ( AFP / Oscar DEL POZO )
Le sommet débutera mercredi par une cérémonie d'ouverture avant la tenue de la séance plénière jeudi matin.
L'édition précédente, organisée en Équateur et à laquelle seuls quatre présidents avaient participé, s'était achevée sans déclaration finale faute de consensus.
Cette fois-ci, des accords devraient être adoptés, selon les termes du secrétaire général du sommet, le Chilien Andrés Allamand. Principalement dans les domaines de l'intelligence artificielle - pour développer des modèles de langage alimentés par des données en espagnol plutôt qu'en anglais - et de la coopération face aux catastrophes naturelles.

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